Je suis déjà un homme vieux et fatigué. Je ne pleure plus rien de bon. Je crains l'acide. Beaucoup trop sensible parfois, mes joues parlent de moi contre les sentiments. Etait-il encore temps pour mon âge ? Un oiseau menaçant vient de se poser. Ma voix ne se soulèvera jamais plus haut qu'un regard dirigé sur un cœur oublié, alors rampant jusqu'aux lèvres de mes frères je leur demande ce que je ne pourrais lui raconter. Ta femme, oui ! Oui. Oui, je me souviens des jours de maladie de ma femme. La mort pouvait l'attendre bientôt, c'était sûr. Elle serrait sa peur entre les dents. Nous parlions doucement et tremblions. Elle seule avait le droit de dire son nom. Nous pleurions dans notre lit. Le visage tourné vers le mur, je maudissais les jours où le silence allait me percer la joue, là où elle déposait ses baisers.





