
On brûle chaque jour un peu plus. Nos peaux ont soif, nous avons soif. je ne peux plus ouvrir les yeux , la lumière est trop lourde. Au début, non,les premiers jours ça nous rendait heureux comme des enfants. Gabriel, bien que laissant trainer derrières les filles, dans la rue, ses envies d'une manière un peu ostensible, tu as les yeux qui roulent mon chéri c'est gênant pour moi, multipliait les marques d'affection et de désir que je lui inspirais. Tout ce soleil nous rendait neuf. Tout ça est trop banal finalement, mais nous étions si heureux les premiers jours, ivres de beau temps ; mais aujourd'hui nous avons eu peur: brûlerons-nous, finirons-nous consumés à petit feu ? J'ai dormi cette nuit sur le carrelage, protégée par un seul drap de lin. Gabe n'a, lui, pas pu fermer l'œil (il est irrité, irritable, je ne lui parle pas). A tourné comme un lion en cage toute la nuit. S'est mouillé, sous la douche, au moins cinq fois. Il dit j'ai le cerveau bouilli. Je ne peux plus supporter toute cette lumière mais j'arrive à maîtriser mon esprit, pas tout à fait cuit. Dedans chaud, dehors chaud et nauséeux. Même pas faire l'amour....
Mes yeux. Leur réaction à cette lumière me transporte dans un futur de mauvais roman d'anticipation.Même pas mauvais. Etrange ce va-et-vient entre tout mon être (ma pupille se contracte et je pense à moi l'humaine) et un destin indomptable, commandé par une sombre puissance. Invisible mais perceptible. On brûlera tous, desséchés, victimes d'auto combustion. Et tout pu. Tout sens fort et tout pu. On en a parlé avec Gabriel. Il a ce sentiment aussi. Quelque chose est à prévoir. Le soleil nous menace. On a beau pousser la promenade jusqu'à l'étang artificiel des Jardins, l'ambiance a changé. Ce n'est plus ce charmant printemps, on est aux portes de l'enfer. Au centre, si vite, nous deux (quel dommage// marre des soupes froides//glaçons dans la soupe m'ont toujours fait un drôle d'effet). Lire, lire, envie de seulement ça ce soir. Et Gabegabi ? un petit baiser et un et un: on ne peut pas parler (sa tête de cochon sans sommeil). Quoi faire demain....il dira
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